Mon combat contre la signature du traité Mercosur !

25 janvier 2026

5. Le 25 janvier 2026 : mon interview sur France 3 Bretagne suite à la saisine de la CJUE par le Parlement européen

Le vote des députés européens en faveur d’une saisine de la cour européenne de justice suspendant le processus de ratification du traité dit du Mercosur est passé à 10 voix près, avec 11 abstentions ! Ce vote sanctionne la position de la France, qui a été pour le moins hésitante… Le Mercosur n’est pas chose nouvelle, il n’est que la conséquence de l’intégration de l’agriculture dans le Gatt, aujourd’hui l’OMC, devenue alors une monnaie d’échange dans les négociations d’accords mondiaux de business. Or nombreux étaient ceux qui ont soutenu cette politique et sont ceux qui la soutiennent encore.

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On nous dit que le CETA n’a pas conduit au raz de marée prédit ? Ce n’est pas la même échelle: le Canada produit 11 millions de bovins par an, le Brésil, 200 millions ! On dit que ce traité sera favorable à notre filière laitière ? On a perdu à peu près 120 vaches par jour entre 2021 et 2023 et, en parallèle de cette décapitalisation, Lactalis réduit sa collecte dans nos fermes et envisage de s’implanter au Brésil ! On nous dit que le problème ce n’est pas le Mercosur mais les normes ? À niveau identique de normes, nous ne ferons jamais qu’une seule récolte d’oléoprotéagineux par an quand le climat brésilien leur permet d’en faire deux. Quant aux clauses de sauvegarde, encore faudra-t-il que l’on puisse assurer les contrôles…

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La ministre Annie Genevard, nous dit que c’est au consommateur de reconquérir son assiette. Pour commencer, il reste encore beaucoup à faire en matière de transparence sur l’origine des produits. Ensuite, cela pose la question de la valorisation de notre agriculture, qui permettrait de répondre au souhait du consommateur. L’abandon du standard ne suffit pas à générer une politique de valorisation ! Nous avons abandonné notre production bretonne de poulets standards tant décriés. Résultat aujourd’hui, nous importons 50% de la viande de volaille que nous consommons, dont nous ne maîtrisons pas la qualité !

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4. Le 12 janvier 2026 : mon communiqué pour une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne

Vendredi, les États Membres ont approuvé, à la majorité qualifiée, l’accord commercial négocié par la Commission en leur nom, avec les pays du Mercosur en décembre 2024. De surcroît, la Commission envisage, sous pression de Madrid et de Berlin, une entrée en vigueur provisoire de l’accord commercial, sans attendre le vote des eurodéputés.

La mobilisation agricole se poursuit ce lundi contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, partout en France et chez nous, dans les Côtes d’Armor, comme à Kernilien, près de Guingamp.

La situation est grave, notamment pour nos éleveurs. La Bretagne, première région d’élevage, est ainsi doublement concernée. Nous assistons depuis déjà plusieurs années à une décapitalisation des cheptels. Les nouvelles dispositions du traité, qui s’apprête à être adopté, ne peuvent avoir qu’un effet amplificateur sur un secteur déjà lourdement précarisé.

Si la France a finalement voté contre, le double langage d’E. Macron a permis d’entériner le vote favorable de l’accord. Le Président de la République doit donc prendre ses responsabilités et saisir sans attendre la Cour de justice de l’UE pour contester la légalité de l’accord du Mercosur. L’Assemblée nationale et le Sénat ont voté en ce sens. Il est temps de respecter la démocratie parlementaire

Lisez mon communiqué en intégralité !

3. Le 16 décembre 2025 : le vote pour la saisine de la cour européenne afin d’empêcher la signature du Mercosur

Le Sénat vient de voter quasiment à l’unanimité la proposition de résolution européenne (PPR) visant à demander au Gouvernement français de saisir la Cour de justice de l’Union européenne pour empêcher la ratification de l’accord avec le Mercosur ! Bien entendu, j’ai voté cette PPR. En effet, l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur assombrit un peu plus l’avenir de l’élevage bovin en Bretagne, région d’élevage où le cheptel diminue déjà de 3% par an !

Mais il ne faudrait pas que cette résolution se contente d’être un alibi pour se dédouaner à bon compte face à un scénario dont on peut pressentir qu’il sera celui de la capitulation ! Le discours du Président de la République sur le MERCOSUR varie selon les circonstances. Non seulement ce texte se prépare dans le dos des peuples, mais voici qu’est déployée une charretée d’artifices pour le mettre en œuvre sans l’aval des parlements nationaux. En effet, les pays du MERCOSUR pourraient donc exporter demain vers l’Union européenne du bœuf aux hormones et des poulets aux antibiotiques… Aujourd’hui on voudrait nous faire croire que nous obtiendrions des mécanismes dits de « sauvegarde » mais ils existaient déjà dans le texte depuis 2019 !

En vérité la tentation du ralliement au MERCOSUR a une autre raison. S’inscrivant dans le militarisme européen décidé au dernier sommet de l’OTAN, les autorités allemandes ont promis aux dirigeants Français d’acheter les armes produites dans les usines françaises. Pire encore. Pour ficeler l’ensemble, le traité comprend un mécanisme juridique dit « de rééquilibrage ». En vertu de cet article, l’UE ne pourrait pas voter des règles empêchant les importations de produits traités avec tel ou tel pesticide interdit sur nos territoires, sans compenser financièrement les sociétés !

Regardez mon interpellation !

2. Le 12 novembre : ma question au gouvernement sur le Mercosur

Aujourd’hui, j’ai interrogé le gouvernement sur les mots du Président de la République au sujet du traité de libre-échange UE-Mercosur, actant que « tout va dans le bon sens »… Cette volte-face inquiète et interroge car le texte n’a pas évolué d’une virgule. Si le Président prétend avoir obtenu une clause de sauvegarde pour les filières fragiles, celle-ci, du reste bien difficile à activer, est inscrite dans le traité depuis 2019 !

En vérité, ces déclarations préparent une capitulation en rase campagne ! Ce pacte consiste en l’acceptation par la France du traité MERCOSUR en échange de la promesse du gouvernement allemand d’acheter des armes européennes, – notamment françaises – dans le cadre du réarmement du continent. On sacrifiera ici les paysans et la santé des citoyens-consommateurs en échange du renforcement du complexe militaro-industriel européen.

Il faut obtenir que la présidente de la Commission européenne annule son voyage en Amérique du Sud prévu le 20 décembre pour signer ce forfait contre les paysans-travailleurs, la vie rurale, l’industrie et la santé !

Visionnez ma prise de parole !

1. Le 26 septembre : mon communiqué de presse sur le mouvement agricole contre le Mercosur

La première alliance syndicale agricole FNSEA-Jeunes Agriculteurs a appelé à se mobiliser le vendredi 26 septembre 2025 dans toute la France contre le traité de libre-échange entre l’UE et des pays latino-américains du Mercosur.

Le premier groupe sucrier, Téréos, a fermé trois sucreries en raison d’un règlement européen de 2005 qui oblige la France à réduire sa production de sucre d’au moins 6 millions de tonnes afin de permettre à des pays tiers d’exporter leur production sucrière vers l’UE sans aucun droit de douane… Cette splendeur du libéralisme et du « marché ouvert où la concurrence est libre » a conduit ce même groupe qui licencie en France à s’implanter au Brésil où il fabrique du sucre de canne qu’il exporte en Europe.

Le groupe laitier Lactalis qui bénéficie de 18,6 millions d’euros d’aides publiques selon le rapport de notre commission d’enquête sénatoriale rédigé par mon collègue Fabien Gay, mais compresse les prix du lait à la production, éjecte des producteurs de nos régions de sa collecte. Après s’être implanté au Brésil au printemps, ce groupe vient d’acquérir une entreprise laitière en Nouvelle-Zélande pour une valeur de deux milliards d’euros. Autrement dit, Lactalis, comme Téréos, veulent profiter à plein des traités de libre-échange pour grossir leurs profits tout en étouffant nos producteurs, avec le projet d’importer du lait et des produits laitiers, du sucre, des biocarburants fabriqués à partir des grandes fermes-usines dans les pays du Pacifique.

La Commission européenne vient d’utiliser une entourloupe supplémentaire pour imposer le traité de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur. Depuis des années, les négociateurs préparent ce que l’on appelle un « traité mixte », c’est-à-dire un accord comprenant un volet commercial et un volet politique. Ceci implique, comme pour le traité avec le Canada l’approbation de tous les États membres et de leurs Parlements nationaux ainsi que le vote positif du Parlement européen. Mais si la manigance antidémocratique en cours aboutit, l’accord commercial sera mis en œuvre même dans l’hypothèse où le volet dit « politique » serait rejeté par un ou plusieurs États membres !

Et voilà qui coûte cher à nos paysans ! Notre ennemi ce ne sont pas les normes, mais la voracité des prédateurs capitalistes que nos dirigeants légitiment et promeuvent !

Retrouvez mon communiqué de presse dans son intégralité !