Mon combat contre la signature du traité Mercosur !

16 décembre 2025

1. Le 26 septembre : mon communiqué de presse sur le mouvement agricole contre le Mercosur

La première alliance syndicale agricole FNSEA-Jeunes Agriculteurs a appelé à se mobiliser le vendredi 26 septembre 2025 dans toute la France contre le traité de libre-échange entre l’UE et des pays latino-américains du Mercosur.

Le premier groupe sucrier, Téréos, a fermé trois sucreries en raison d’un règlement européen de 2005 qui oblige la France à réduire sa production de sucre d’au moins 6 millions de tonnes afin de permettre à des pays tiers d’exporter leur production sucrière vers l’UE sans aucun droit de douane… Cette splendeur du libéralisme et du « marché ouvert où la concurrence est libre » a conduit ce même groupe qui licencie en France à s’implanter au Brésil où il fabrique du sucre de canne qu’il exporte en Europe.

Le groupe laitier Lactalis qui bénéficie de 18,6 millions d’euros d’aides publiques selon le rapport de notre commission d’enquête sénatoriale rédigé par mon collègue Fabien Gay, mais compresse les prix du lait à la production, éjecte des producteurs de nos régions de sa collecte. Après s’être implanté au Brésil au printemps, ce groupe vient d’acquérir une entreprise laitière en Nouvelle-Zélande pour une valeur de deux milliards d’euros. Autrement dit, Lactalis, comme Téréos, veulent profiter à plein des traités de libre-échange pour grossir leurs profits tout en étouffant nos producteurs, avec le projet d’importer du lait et des produits laitiers, du sucre, des biocarburants fabriqués à partir des grandes fermes-usines dans les pays du Pacifique.

La Commission européenne vient d’utiliser une entourloupe supplémentaire pour imposer le traité de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur. Depuis des années, les négociateurs préparent ce que l’on appelle un « traité mixte », c’est-à-dire un accord comprenant un volet commercial et un volet politique. Ceci implique, comme pour le traité avec le Canada l’approbation de tous les États membres et de leurs Parlements nationaux ainsi que le vote positif du Parlement européen. Mais si la manigance antidémocratique en cours aboutit, l’accord commercial sera mis en œuvre même dans l’hypothèse où le volet dit « politique » serait rejeté par un ou plusieurs États membres !

Et voilà qui coûte cher à nos paysans ! Notre ennemi ce ne sont pas les normes, mais la voracité des prédateurs capitalistes que nos dirigeants légitiment et promeuvent !

Retrouvez mon communiqué de presse dans son intégralité !

 

2. Le 12 novembre : ma question au gouvernement sur le Mercosur

Aujourd’hui, j’ai interrogé le gouvernement sur les mots du Président de la République au sujet du traité de libre-échange UE-Mercosur, actant que « tout va dans le bon sens »… Cette volte-face inquiète et interroge car le texte n’a pas évolué d’une virgule. Si le Président prétend avoir obtenu une clause de sauvegarde pour les filières fragiles, celle-ci, du reste bien difficile à activer, est inscrite dans le traité depuis 2019 !

En vérité, ces déclarations préparent une capitulation en rase campagne ! Ce pacte consiste en l’acceptation par la France du traité MERCOSUR en échange de la promesse du gouvernement allemand d’acheter des armes européennes, – notamment françaises – dans le cadre du réarmement du continent. On sacrifiera ici les paysans et la santé des citoyens-consommateurs en échange du renforcement du complexe militaro-industriel européen.

Il faut obtenir que la présidente de la Commission européenne annule son voyage en Amérique du Sud prévu le 20 décembre pour signer ce forfait contre les paysans-travailleurs, la vie rurale, l’industrie et la santé !

Visionnez ma prise de parole !

3. Le 16 décembre 2025 : le vote pour la saisine de la cour européenne afin d’empêcher la signature du Mercosur

Le Sénat vient de voter quasiment à l’unanimité la proposition de résolution européenne (PPR) visant à demander au Gouvernement français de saisir la Cour de justice de l’Union européenne pour empêcher la ratification de l’accord avec le Mercosur ! Bien entendu, j’ai voté cette PPR. En effet, l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur assombrit un peu plus l’avenir de l’élevage bovin en Bretagne, région d’élevage où le cheptel diminue déjà de 3% par an !

Mais il ne faudrait pas que cette résolution se contente d’être un alibi pour se dédouaner à bon compte face à un scénario dont on peut pressentir qu’il sera celui de la capitulation ! Le discours du Président de la République sur le MERCOSUR varie selon les circonstances. Non seulement ce texte se prépare dans le dos des peuples, mais voici qu’est déployée une charretée d’artifices pour le mettre en œuvre sans l’aval des parlements nationaux. En effet, les pays du MERCOSUR pourraient donc exporter demain vers l’Union européenne du bœuf aux hormones et des poulets aux antibiotiques… Aujourd’hui on voudrait nous faire croire que nous obtiendrions des mécanismes dits de « sauvegarde » mais ils existaient déjà dans le texte depuis 2019 !

En vérité la tentation du ralliement au MERCOSUR a une autre raison. S’inscrivant dans le militarisme européen décidé au dernier sommet de l’OTAN, les autorités allemandes ont promis aux dirigeants Français d’acheter les armes produites dans les usines françaises. Pire encore. Pour ficeler l’ensemble, le traité comprend un mécanisme juridique dit « de rééquilibrage ». En vertu de cet article, l’UE ne pourrait pas voter des règles empêchant les importations de produits traités avec tel ou tel pesticide interdit sur nos territoires, sans compenser financièrement les sociétés !

Regardez mon interpellation !