1. Le 21 novembre 2025 : j’interpelle le Ministre de l’économie, des finances
et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Roland Lescure
Pour la quatrième fois, le groupe Finlandais NOKIA vient d’annoncer un nouveau plan de suppressions d’emplois en France. Le site de Lannion s’est affirmé tout au long de son histoire comme un pôle d’excellence en matière de télécommunications. L’ensemble des institutions et des collectivités y prennent une part active.
NOKIA, alias ALCATEL-LUCENT, alias ALCATEL, est de faire de l’emploi une variable d’ajustement. Les plans que nous continuons à subir sont en vérité la conséquence des erreurs stratégiques et des « alliances » ratées. Ainsi, de 1995 à 2006, la société, sous la direction de Monsieur Tchuruk a fermé plus de la moitié des sites et fait passer l’effectif mondial de 113 400 à 57 700 salariés. Durant cette période, Alcatel a délibérément renoncé au marché du téléphone mobile et de l’internet, pourtant en pleine expansion à cette période.
Pour Nokia, tailler dans ses effectifs français est désormais une habitude. Le géant finlandais des équipements télécoms, qui vend des antennes relais aux opérateurs de téléphonie mobile, compte une énième fois supprimer des postes dans l’Hexagone. Nokia France annonce donc vouloir supprimer 437 postes dont 84 à Lannion en utilisant la procédure de rupture conventionnelle collective.
Comme en 2020 et 2023, je suis mobilisé aux côtés des salariés. En tant que parlementaire, j’ai interpellé le Ministre de l’économie, Roland Lescure pour que le Gouvernement prenne des mesures à l’encontre du groupe !
2. Le 29 novembre : j’ai soutenu un amendement consistant à mettre fin à l’exonération de Ifer qui bénéficiait à Nokia !
Dans l’hémicycle pour examiner la partie « recettes » du projet de loi de finances, j’ai soutenu un amendement consistant à mettre fin à l’exonération de l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (Ifer). Celle-ci avait été instaurée au bénéfice des entreprises de télécommunication pour accélérer le développement des réseaux de téléphonie mobile dans les zones de montagne.
J’ai alors rappelé notre actualité trégorroise qui nous montre que ces avantages fiscaux se soldent bien davantage par une réduction de l’activité que par son développement. Les deux équipementiers européens de téléphonie et du numérique, le géant finlandais NOKIA et le groupe suédois ERICSSON, ont annoncé cette semaine des plans de suppression d’emplois en France, affectant le site de Lannion !
Cet amendement a été adopté ! L’argent public ne doit plus financer des stratégies d’entreprises sans contrepartie !
Diversement sollicité sur mon intervention au sujet de l’amendement Delcros (sénateur du Cantal), dans le cadre du débat qui s’est instauré au Sénat, le samedi 29 novembre, je me permets d’apporter la précision suivante.
L’amendement Delcros vise à supprimer une exonération d’impôt (l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux – Ifer) dont bénéficient l’ensemble des entreprises de télécommunications. Cette exonération avait pour but d’accélérer le développement des réseaux de téléphonie mobile dans les zones de montagne entre 2017 et 2020 mais une limite dans le temps n’ayant été posée, elle pourrait perdurer indéfiniment. Or, il s’agit d’une exonération non négligeable puisqu’elle est appliquée sur chaque antenne et sur chacune des technologies (2G, 3G, 4G et 5G). À titre indicatif, les télécoms ont payé 299 millions d’euros d’Ifer mobile en 2022 alors qu’elles en payaient plus de 2,5 milliards depuis 2010.
Or on se rend compte que malgré ces aides financières pour soutenir leur développement sur le territoire, les entreprises de télécommunications se soucient peu du développement des territoires et de la défense de l’emploi.
On peut d’ailleurs s’interroger sur les récentes décisions prises par le ministère des finances de réduire les contributions de Nokia au titre d’un redressement fiscal de 80 millions à 9,5 millions. Ce rabais a ainsi été décidé alors que Nokia, qui s’était engagé à des investissements en 2023, a plutôt mis l’accent sur les plans sociaux, comme nous le voyons dans notre département des Côtes d’Armor !
C’est sur la base de ces fondements que j’ai soutenu cet amendement dans le cadre du débat budgétaire au Sénat.
3. Le 3 décembre, je pose le sujet des suppressions d’emplois à Nokia et Ericsson en commission des affaires économiques
Nous auditionnons alors le directeur général de Eutelsat, leader mondial des communications par satellite. Le projet IRIS, futur service européen de communication sécurisée exploité par le consortium SpaceRISE (Eutelsat, SES, Hispasat), vise l’autonomie stratégique européenne, mais repose sur une infrastructure duale servant à la fois les communications gouvernementales sécurisées et la réduction de la fracture numérique civile. Eutelsat se situe désormais au cœur de la future filière européenne des télécommunications spatiales, en partenariats avec Airbus et Thales.
Cependant, originaire du Trégor, proche voisin de Pleumeur-Bodou, petite commune connue pour son radôme qui abritait la première liaison intercontinentale en 1962, j’ai rappelé que notre culture territoriale est marquée par l’histoire des télécoms. 👉 J’ai interrogé le directeur sur les exemples douloureux qui bouleversent le paysage du numérique, les suppressions d’emplois à Nokia et Ericsson, qui sont les seuls équipementiers qui subsistent en Europe !