Pour un nouvel envol de la filière avicole

Pour un nouvel envol de la filière avicole

11 juin 2013

Les crises répétitives de la filière avicole en Bretagne n'en finit pas de produire son onde de choc.

Les conséquences économiques et sociales sont désastreuses, tant pour les producteurs que pour les salariés. Au delà des aventures affairistes qui ont conduits les «rois de la volaille»a engager de profondes restructurations en faisant payer leur crise à leurs salarié-e-s et producteurs intégrés, les récente décisions de Bruxelles de diminuer de moitié les restitutions en faveur du poulet export viennnent aggraver encore la situation. Ces décisions constituent un encouragement supplémentaire au renoncement.

Mais, plus fondamentalement, la situation de la filière avicole constitue une illustration du contresens et du paradoxe dont notre agriculture et nos filières agro-alimentaires ont le secret.

Alors que le marché mondial de l'aviculture est voué à connaître une croissance importante, notre filière, après avoir tenté les aventures des délocalisations et s'être engagée dans de nouveaux reculs de productions, n'en finit pas de subir les assauts des invasions de toute part!

Dans un tel contexte, il convient de réactiver le combat en faveur d'une économie agricole de production. Ce combat n'est pas inéluctablement perdu d'avance. Mais la condition première de sa réussite nécessite, en premier lieu, que soient soutenues toutes nos productions, y compris celles du dit poulet «standard» ou «export», trop souvent présenté comme source de pollutions, de déjections incontrôlées et de nuisances. Il est du reste troublant de constater que ces décisions de l'Europe, d'habitude si prompte à déréguler et à privatiser, sont parfois présentées comme des décisions de justice et de solidarité empreinte d'un souci de préserver l'environnement... Il faudrait être bien naïfs pour ne pas voir que ces décisions et orientations sont, en premier lieu, instrumentalisées pour justifier de nouveaux abandons afin de laisser faire le marché mondialisé!

Mais la réhabilitation de la production nationale de volailles, passe par une ambition politique de reconquête exemplaire de nos besoins de production. Elle implique une approche nouvelle en matière de soutien à la construction de bâtiments d'élevage de notre temps, capable d'abriter durablement le bien être humain et le bien être animal; elle appelle une approche totalement renouvelée de la valorisation des effluents et devrait aisi permettre de relever le défi d'une croissance de la production avec un impact environnemental totalement maîtrisé.

Le simple fait que la moitié de la viande de volailles consommée en France soit aujourd'hui importée principalement par nos pays voisins rend la situation que nous vivons encore plus inacceptable!

A travers la situation qui secoue la filière avicole, c'est en réalité la capacité à assurer notre production sur le marché intérieur qui se joue.

Gwellaat buhez an dud / Améliorer la vie des Gens - Gérard Lahellec

Plus on est enraciné, plus on est universel - Eugène Guillevic