Reconstruire à gauche

Reconstruire à gauche

15 juil. 2017

Après le bouleversement produit par l'élection présidentielle et les élections législatives qui ont suivi, la gauche doit en tirer tous les enseignements pour se réinventer et se reconstruire....

Pour une convergence Bretonne

des forces de gauche, écologistes et régionalistes.

 

Depuis plusieurs années, la gauche bretonne, régionaliste et écologiste, dans sa diversité, a fait émerger un espace politique progressiste. Les électeurs et les électrices ont validé cette démarche à l'occasion de plusieurs consultations électorales en Bretagne.

 

Ce concept de la gauche bretonne appelle désormais, dans le contexte national nouveau, au dépassement des barrières partisanes anciennes.

 

A l'opposé de tous les appels aux renoncements, la situation politique issue des élections présidentielle et législatives suppose au contraire que toute la gauche se ressaisisse.

 

La gauche servira «encore à quelque chose» à chaque français, à condition qu’elle redéfinisse, dans les conditions de notre temps, les objectifs de sa raison d'être.

 

Repenser l’action collective, le lien au travail, à la planète, construire les nouveaux modèles de développement économique et de productions de richesses, modifier les outils de redistribution. Réinventer des protections collectives dans un monde ouvert et en pleine révolution numérique, relancer l’ascenseur social par le travail et la lutte contre les inégalités hommes/femmes, créer une société de la recherche, de l’échange culturel…

 

Ces exigences se doublent de la nécessité d'engager les évolutions institutionnelles pour débloquer une 5e République à bout de souffle, marquéepar une abstention record et de se doter d'une politique européenne juste au service des Bretonnes et des Bretons.

 

Notre ambition progressiste, résolument ancrée à gauche, conjugue dans un même mouvement l’expression d'une radicalité constructive et une démarche d'ouverture, de rassemblement faisant de la diversité des approches individuelles et collectives la condition pour améliorer ce monde et la vie des gens.

 

Face au coup de pied de l'âne au vieux monde politique des dernières élections, le renouveau reste à construire pour remobiliser les gens de gauche et revitaliser la démocratie minée par l’abstention.

 

A nos yeux une reconstruction politique utile ne vise pas à nier les clivages, mais à respecter et entendre les différences pour en faire des richesses communes et avancer ensemble.

 

Il nous faut repenser une plate-forme de gauche à partir d’objectifs ainsi que des propositions concrètes et une démarche de rassemblement pour les atteindre.

 

Au timide projet de moralisation de la vie politique présenté par le gouvernement Philippe, nous entendons substituer l'exigence de faire de l'accession de toutes les couches sociales aux mandats électifs la véritable représentation nationale.

 

A propos de la nouvelle loi travail, nous ne resterons pas silencieux. Alors que l'opposition majoritaire de la population à la loi travail appelait son abrogation, le nouveau gouvernement pense à l'inverse que celle-ci n'irait pas assez loin dans la réduction de leurs droits. La succession de contrats précaires, une société de travailleurs pauvres n’est pas l’horizon d’une France de progrès.

 

Il en est de même sur les questions éducatives et notamment de celle sur le temps scolaire. Nous mesurons bien que notre boussole pour inventer des réponses devrait être orientée par le temps de l'écolier et non celui des parents, des enseignants ou de l’industrie du tourisme.

 

L'augmentation de la CSG, l'avenir de la taxe d'habitation, la baisse de l’impôt sur la fortune ne sont pas justes. Nous travaillerons à démontrer que d’autres choix fiscaux peuvent être faits, pour être justes et efficaces.

 

Nous ferons émerger des idées à contre-courant des lobbies ultralibéraux, pour adapter les services publics aux enjeux de notre temps. Dans un contexte de transition numérique, mais aussi de grands besoins dans le monde rural et les quartiers fragiles, la réponse ne peut pas être la suppression idéologique de 120 000 postes d’agents publics. Ce n’est pas là non plus ni juste, ni efficace.

 

Quant au développement économique, l’intervention de l’État et des collectivités, via des aides ou des réductions d’impôts ou de cotisations sociales, doit aboutir à des créations d’emplois réelles et ne pas se contenter de promesses. La culture des aides et du contrôle des résultats mérite ainsi d’être repensée. C’est juste et efficace.

 

La démarche que nous initions ne sera pas fondée sur des réponses toutes faites en dehors des évolutions de notre société. Elle a pour ambition de mettre la gauche politique, associative, citoyenne, syndicale, mutualiste bretonne en capacité de sortir des frontières partisanes, sans sectarisme, ni oukaze. De démontrer que le compromis nécessaire à la construction du rassemblement qui permettra à la gauche de retrouver des couleurs et de gagner, n'est pas un abandon idéologique. Telles sont les bases de travail que nous nous imposons.

 

La décomposition politique, celle de la gauche en particulier nous incite à tout le contraire du renoncement. Cette gauche authentique, écologiste et régionaliste est là, debout !

 

Elle vous invite à participer aux premières assises qu'elle organisera au mois de septembre à Guingamp.

 

Gwellaat buhez an dud / Améliorer la vie des Gens - Gérard Lahellec

Plus on est enraciné, plus on est universel - Eugène Guillevic