éviter un nouvel éclatement de la gauche

éviter un nouvel éclatement de la gauche

14 mai 2017

Après l'élection présidentielle, la désignation des candidatures d'en marche (LREM) et de la France insoumise risquent de produire de nouvelles fractures à gauche...

éviter un nouvel éclatement de la gauche

Vigilance et détermination pour empêcher un nouvel éclatement de la gauche.

Dans le prolongement de l'élection présidentielle.

La séquence de l'élection présidentielle et celle des élections législatives qui vont suivre ne peuvent laisser indifférente notre sensibilité de communistes et de progressistes.
A l'image de la diversité constitutive de notre majorité régionale et au regard de la complexité de la situation politique résultant des élections nationales, notre groupe et les sympathisant-e-s qui l'entourent sont aussi traversés par l'ensemble des questionnements qui secouent aujourd'hui toutes les sensibilités constitutives de la gauche.
Certes, nous avons des approches différentes mais nous avons un objectif commun et partagé : œuvrer pour l'émancipation humaine et le développement durable en portant l'ambition sociale et écologique à l'échelle de l'ensemble du territoire et même au-delà.
En comprenant qu'avec les mêmes motivations et les mêmes objectifs les votes de chaque membre aient pu être différents, nous tenons à alimenter l'esprit de cette diversité dynamique dans laquelle se reconnaît la majorité de la population Bretonne.

Notre diversité de gauche converge vers un objectif commun.

Je n'opposerai pas entre eux les électrices et les électeurs de gauche qui ont fait le choix de confirmer un vote en faveur de B Hamon avec des électrices et des électeurs de même sensibilité qui ont finalement rejoint le vote en faveur de JL Mélenchon. Je ne les opposerai pas non plus avec ces celles et ceux qui, sincèrement de gauche ont parfois préféré, pour s'opposer au FN, utiliser dès le premier tour le bulletin de vote E Macron. Cette diversité, aux apparences parfois antagoniques et assurément contradictoires, constitue la force vive à partir de laquelle se construira demain le projet progressiste dont nous avons besoin pour répondre aux exigences sociales, démocratique écologiques et populaires. C'est sur cette force là qu'il faudra compter pour s'opposer aux politiques d'austérité et pour faire émerger un projet émancipateur répondant aux attentes et aux besoins du peuple.

Aujourd'hui, tout pousse à de nouveaux clivages et à de nouvelles fractures à gauche.

Alors que le besoin d'union et de rassemblement est nécessaire à gauche, le contexte pousse au contraire, aux clivages et à la structuration de désaccords pouvant conduire à de nouvelle fractures au sein de la diversité de gauche.
En effet, avec des objectifs certes différents mais selon une même méthode et une même démarche, les deux leaders de gauche, confortés par le scrutin Présidentiel, procèdent de manière centralisée à la désignation de leurs candidat-e-s aux élections législatives.
E Macron, d'une part, et JL Mélenchon, d'autre part, confortés par leurs résultats électoraux, appliquent de manière indifférenciée une procédure de désignation s'affranchissant totalement des réalités politiques régionales et locales car c'est la seule manière pour eux de rester cohérents avec leurs objectifs respectifs. Nous verrons ainsi, dans plusieurs circonscriptions de Bretagne, des candidat-e-s du Parti Socialiste affronter des candidat-e-s de LERM d'E Macron et des candidat-e-s proposé-e-s par le parti communiste, affronter des candidat-e-s de la France Insoumise de JL Mélenchon.
Lorsque la candidature LERM de M Macron sera une candidature issue de la droite, la diversité de gauche pourra se retrouver et se rassembler pour la combattre et nous remarquerons au passage que ce scénario de complaisance pour désigner des candidats de droite n'est pas celui qui a construit notre majorité régionale.
Lorsque la candidature LERM de M Macron sera issue de la gauche , celle-ci ne constituera rien d'autre que le recyclage, sous une autre appellation, d'une candidature socialiste du passé « parce qu'à porter aujourd'hui, l'étiquette est difficile ». C'est pour ne pas prendre le risque d'être battu par une candidature LERM d'E macron que certains élu-e-s socialistes sortants ont préféré renoncer à leur identité socialiste pour se ranger sous la bannière de l'étiquette du nouveau président de la République.

Une stratégie qui ne peut prospérer qu'avec un FN fort.

En vérité, la stratégie du « ni droite ni gauche » d'E Macron sera vite rattrapée par la réalité politique. Il nous aura fallu peu de temps pour découvrir que les négociations politiciennes menées dans le secret des alcôves parisiennes sont déjà bien engagées selon la bonne vieille méthode des marchandages de places et de répartition des sièges au sein de la future assemblée.. et .on ne nous dit pas tout !
En fait, la stratégie en cours, consiste à aider Macron à réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué. Les engagements à peine voilés de la droite appelant à aider Macron à réussir illustrent bien qu'il ne s'agit pas de faire triompher des options de gauche et progressistes.
En cherchant à surfer sur son résultat du second tour pour imposer, avec une assemblée soumise les ordonnances qu'il envisage avant l'été Macron veut imposer sa « révolution copernicienne » qui peut mettre à mal de nombreuses conquêtes progressistes.
Mais cette stratégie là, pour réussir, a besoin d'un FN fort . En effet l'alliance droite gauche ne peut tirer sa légitimité que de cet état de fait. Chacun-e- mesure bien qu'avec un FN moins influent le débat politique serait d'une toute autre nature. On remarquera au passage les turbulences que traverse actuellement l'extrême droite et il y a tout lieu de considérer que demain, toujours pour viser la conquête du pouvoir et enfin réussir, le parti d'extrême droite réorientera son cap politique et sa démagogie en direction du monde des affaires et de la finance….condition sinéquanone pour arriver au pouvoir.

Ma préférence pour notre identité régionale de gauche...
qu'il faut donc préserver et entretenir.

Il est indispensable à la fois préserver la fragile unité de la diversité de gauche qui veut une autre politique et empêcher que les options libérales ne l'emportent demain.
La situation étant complexe, évitons donc les clivages et les divisions entre les bonnes volontés de gauche. Ne gâchons pas notre identité Bretonne de gauche et évitons aussi de l'usurper par des raccourcis opportunistes ou par la tentation qui consisterait à l'utiliser à des fins intéressées.
Préservons cet acquis qui est aujourd'hui le meilleur point d'appui pour ouvrir une perspective dont la gauche, globalement a grand besoin.

Gérard Lahellec
Le 14/05/17

Gwellaat buhez an dud / Améliorer la vie des Gens - Gérard Lahellec

Plus on est enraciné, plus on est universel - Eugène Guillevic