Battre le Pen et préserver l'unité

Battre le Pen et préserver l'unité

28 avr. 2017

Jean-Luc Mélenchon, qui obtient un bon résultat au premier tour de la présidentielle, hésite à se positionner clairement pour le second tour...

 

Pour le second tour, battre Le Pen et préserver notre unité

Après le premier tour de l'élection Présidentielle et en mesurant le très bon résultat obtenu par JL Mélenchon qui constitue une référence incontournable pour reconstruire la gauche, je n'opposerai pas entre eux les électrices et les électeurs qui, avec des motivations différentes et avec des sensibilités diverses, ont fait le choix d'utiliser le même bulletin de vote pour hisser le candidat de la France insoumise à un score inédit dans l'histoire de la 5ème République.

Je n'opposerai pas entre eux les électrices et les électeurs de gauche qui ont fait le choix de confirmer un vote en faveur de B Hamon avec des électrices et des électeurs de même sensibilité qui ont finalement rejoint le vote en faveur de JL Mélenchon. Je ne les opposerai pas non plus avec ces celles et ceux qui, sincèrement de gauche ont parfois préféré, pour s'opposer au FN, utiliser dès le premier tour le bulletin de vote E Macron. Cette diversité, aux apparences parfois antagoniques et assurément contradictoires, constitue la force vive à partir de laquelle se contruira demain le projet progressiste dont nous avons besoin pour répondre aux exigences sociales, démocratique écologiques et populaires. C'est sur cette force là qu'il faudra compter pour s'opposer aux politiques d'austérité et pour faire émerger un projet émancipateur répondant aux attentes et aux besoins du peuple.

Pour le second tour, Je n'opposerai pas non plus entre eux les électeurs qui, pour s'opposer au FN ont déjà décidé de voter Macron et ceux qui finalement hésitent encore entre le bulletin blanc ou nul et le vote Macron. Bien entendu, je vais m'appliquer à les convaincre à utiliser le bulletin Macron car telle est ma conviction. Mais je comprends leur agacement face aux consignes sentencieuses qui les énervent car resservies tous les 5 ans par ceux là même qui portent une lourde responsabilité dans la montée du FN.

En effet, quinze ans après le séisme de 2002 où la gauche avait été éliminée au second tour, aucun enseignement n'a été tiré et les plolitiques d'austérité continuent à produire de véritables catastrophes humaines dont les plus démunis sont les premières victimes.

Autant je comprends le souci de préserver l'unité de la diversité qui a permis le bon résultat de JL Mélenchon qui ouvre une perspective à gauche et donne confiance dans le rassemblement, autant je considère que que JL Mélenchon aurait dû se positionner comme l'acteur déterminant de la mise en échec de Mme Le Pen.

Il a fait un autre choix et je le respecte comme je respecte aussi la position de l'épiscopat français qui, considérant que les catholiques étaient privés de candidats au second tour, a préféré prendre une position plus nuancée que celle qu'il avait prise en 2002 pour le second tour de la présidentielle.

Pour ma part, je considère que pour le second tour, il faut à la fois préserver la fragile unité de la diversité de gauche qui veut une autre politique et empêcher que l'élection de Macron puisse être interprétée comme un ralliement à sa politique. Je souhaite que les forces de gauche de la transformation sociale fassent de Macron et de son élection l'objet de leur opposition au FN .

En effet, il ne faut pas perdre de vue que deux options s'affrontent quant au vote en faveur d'E Macron au second tour. Tous les observateurs politiques ont relevé, d'une part, l'appel d'E Macron à rejoindre sa politique et l'appel de M Raffarin, non seulement à voter Macron, mais aussi à l'aider à réussir pendant son quinquennat.

Tout le monde sait que, pour beaucoup, le nom de Macron sera avant tout un simple réceptacle anti-Le Pen, un vote par défaut. Preuve que nous vivons une crise politique inédite, il est même devenu possible de voter pour un candidat… sans le légitimer.

Aucune option n’étant bonne, évitons donc les clivages et les divisions entre les bonnes volontés de gauche. Avec le résultat historique recueilli par Jean-Luc Mélenchon peut s’ouvrir une période politique nouvelle.

Préservons cet acquis qui est aujoud'hui le meilleur point d'appui pour ouvrir une perspective à gauche.

Gérard Lahellec le 28/04/2017

Gwellaat buhez an dud / Améliorer la vie des Gens - Gérard Lahellec

Plus on est enraciné, plus on est universel - Eugène Guillevic