Site officiel de Gérard Lahellec

l'exclusion de ma candidature

Gérard LAHELLEC

Kerdaret

22310 PLUFUR

gerard.lahellec@gmail.com

Site internet : gerardlahellec.com

 

Dans le débat politique, en vue des prochaines échéances électorales

A la faveur de la procédure engagée par le PCF en vue de la désignation de ses candidatures aux prochaines élections, j'ai tenu à faire part de mes réflexions et des décisions que j'ai prises dans le contexte particulier que nous traversons.

Ayant déjà été candidat aux élections législatives de 2007 et 2012 et ayant obtenu un score avoisinant les 17% à ces dernières élections, je n'ai jamais caché mon intention d'accepter, si on me le demandait, d'être à nouveau candidat pour porter les exigences d'une politique bien ancrée à gauche, dans le cadre d'une démarche consistant à faire front à gauche de manière unitaire et rassembleuse.

Cette option d'une gauche ambitieuse et authentique, déterminée à porter les exigences de justice sociale et de développement durable de l'économie de nos territoires est aussi celle que je porte dans mon engagement quotidien de militant et d'élu. Ces engagements là trouvent aussi leur traduction dans les activités menées par le groupe des élu-e-s communistes et progressistes au Conseil Régional de Bretagne.

Le renoncement de Hollande

La déclaration de François Hollande annonçant sa décision de ne pas être candidat à l'élection présidentielle de 2017 a confirmé ce que nous pressentions depuis plusieurs mois déjà : la politique suivie par l’exécutif depuis plus de quatre ans a fait de François Hollande le président le plus mal aimé de la Ve République. C'est parce que toutes les enquêtes d'opinion annonçaient un véritable désastre que François Hollande s'est résigné à renoncer. La situation nouvelle qui en découle, mérite toutes les attentions.

La droite à l'offensive

Avec la primaire de la droite, les choses sont un peu plus claires. On voit bien, avec le jeu des primaires, que la victoire ne s'est pas jouée au centre mais bien à droite. Il y a même une partie de la gauche qui a pensé que faute de dynamique à gauche, mieux valait peser pour choisir le «moins pire» à droite! Mais la droite a fait exploser tous ces petits calculs! Les électeurs de droite se sont massivement déplacés pour affirmer qu’ils voulaient une droite bien à droite. Ils ont choisi le candidat qui représente le mieux la variante française –travail, famille, identité– de la "révolution conservatrice" née aux États-Unis...

Et la gauche ?

La gauche est donc désormais devant un choix existentiel. Une partie d’entre elle va vouloir défendre becs et ongles les choix suivis depuis 2012, c'est à dire ceux qui ont conduit Hollande à renoncer. Cette option sera celle défendue par Manuel Valls. Mais cette option est d'ores et déjà en échec. D’autres choisiront une version «modernisée» du tropisme centriste et Macron, parlant à la gauche et à la droite, est pour cela le candidat maximum.

Il reste donc à trouver le pendant de la droite : une gauche bien à gauche! Bref, face à une droite bien à droite, seule une gauche bien à gauche peut relever le défi. Dans une gauche déchirée, il n’y a rien de plus urgent que de dire quelle est la partie de la gauche qui doit désormais donner le ton face à une droite radicalisée.

Ouvrir un autre chemin

Il nous faut donc ouvrir le chemin permettant à la gauche de faire front et de faire front commun. Pour cela, il ne faut rien gâcher et éviter absolument d'ajouter des divisions à l'éclatement actuel de la gauche. Le temps n’est plus aux rancœurs ni aux bras-de-fer; il n’est pas non plus aux couleuvres à avaler. «Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat» écrivait Aragon dans «la rose et le réséda».

Pour que l’unité l’emporte dans les faits, chacun doit y mettre du sien. Ce serait folie que, à l’arrivée, il n’en soit pas ainsi. Il y a les composantes du front de gauche rassemblées dans leurs différences et parfois dans leurs divergences autour de la candidature de Mélenchon. Mais au delà de cette seule coalition, il y a toutes les autres sensibilités progressistes à la recherche d'une issue positive à gauche. Ces forces, aujourd'hui juxtaposées pour s'opposer à la droite devront demain se rassembler et se mettre debout pour converger en direction d'un projet commun! Mais pour rassembler largement cette diversité de gauche, il faudrait au moins que les communistes commencent par se rassembler eux mêmes! Or, malheureusement, tel n'est pas le cas et ce serait pure folie que de se déchirer encore un peu plus dans des petites guerres fratricides! C'est la raison pour laquelle, après une réunion au cours de laquelle des propos violents ont été tenus autour de mon engagement, j'ai décidé de ne pas soumettre ma candidature à la procédure de désignation envisagée par le PCF pour les élections législatives. Les communistes pourront ainsi effectuer leur choix en toute sérénité sans avoir à jeter de suspicion sur quiconque.

La circonscription de Guingamp dans ce contexte général.

Bien entendu, la circonscription électorale de Guingamp n'échappe pas à la tendance générale qui veut que les électrices et les électeurs donnent au Président de la République élu une majorité de députés la plus proche possible de la sensibilité politique du Président. En 2012, en Bretagne, une multitude de sensibilités s'était rangée sous le portrait de F Hollande et après l'élection de ce dernier, la circonscription lui donna une forte majorité en élisant une députée socialiste à l'assemblée nationale. Mais cette dynamique de gauche à l'élection législative a été d'autant plus forte en 2012 que le résultat du Front de gauche au premier tour avec près de 17% représentait un score supérieur à celui obtenu par Mélenchon à la Présidentielle. Bref, l'ancrage à gauche de la circonscription constitue un atout pour engager une dynamique nouvelle avec une gauche ambitieuse et rassemblée, déterminée à porter le combat contre la droite mais susceptible aussi d'élire à l'assemblée nationale une représentation de sensibilité solidement ancrée à gauche.

Prendre appui aussi sur la vie, les besoins et les atouts du territoire

Par delà l'impérieuse nécessité de s'opposer à la droite et de faire prévaloir des orientations progressistes , notamment en matière sociale, il est possible aussi de prendre appui sur les actions menées au niveau du territoire et donnant à voir de ce qui est porté par les personnalités de notre sensibilité pour ce territoire. Ainsi, par exemple, dans le secteur agricole et agroalimentaire, il est impérieux, nécessaire et utile d'apporter les réponses indispensables aux familles touchées par la restructuration chez Tilly-Sabco. C'est un combat que nous menons en ce moment même. En matière d'aménagement du territoire et de développement des infrastructures et alors que tout est mis en œuvre pour servir les secteurs immédiatement rentables, il convient de conforter les investissements publics permettant le développement des gares (Guingamp – Plouaret – Lannion) et la remise à neuf des infrastructures ferroviaires (Plouaret – Lannion – Carhaix – Guingamp – Paimpol. Guingamp – Plouaret). Il est vraisemblable que l'investissement public le plus important de ce demi siècle aura été celui se rapportant aux infrastructures ferroviaires et routières. Notre sensibilité politique a attaché son nom à toutes ces réalisations, réalisées ou en cours de réalisation. S'agissant du Centre Bretagne, et après la restructuration ayant touché la base Intermarché de Rostrenen, il convient de conforter tous les projets de réindustrialisation en cours et conforter les projets d'aménagements routiers désormais engagés. Ici encore, notre sensibilité politique ancrée à gauche est intimement associée à la mise en œuvre de ces programmes ambitieux impliquant des investissements publics importants. Ces derniers rappels à la réalité illustrent aussi notre enracinement dans le territoire et une capacité à mener à bien des projets ambitieux. C'est avec la même conviction qu'il faut défendre aussi notre langue et notre culture bretonnes et de ce point de vue, ma pratique quotidienne du Breton m'aidera à poursuivre cet engagement.

Au cours des 25 années écoulées, c'est toujours à la demande des camarades et ami-e-s que j'ai accepté de prendre diverses responsabilités et je me suis efforcé de les assurer de mon mieux. Ainsi, en 1989, pour répondre à une situation très difficile au plan départemental, j'ai accepté de devenir le premier secrétaire départemental de la fédération, responsabilité que j'occuperai jusqu'en 2013. C'est avec le même état d'esprit que j'ai assuré la présidence de la SCI qui a permis l'installation de la fédération dans des locaux neufs. C'est encore avec le même état d'esprit et la même abnégation que j'ai géré ma carrière professionnelle en assurant pendant 13 ans le financement d'un poste de salarié par le reversement intégral de mes indemnités d'élu. Enfin, au terme de mon mandat de responsable départemental, j'ai dû assurer, par mes propres soins, ma réinsertion professionnelle! Cet engagement enthousiasmant et désintéressé dans un combat commun au service de l'émancipation humaine correspond à la belle idée que je fais du communisme et cette belle idée devrait, selon moi, se conjuguer, au quotidien, avec l'engagement au service du progrès et du rassemblement de tous les progressistes. Tel est le sens du combat que je continuerai à mener.

Gwellaat buhez an dud / Améliorer la vie des Gens - Gérard Lahellec

Plus on est enraciné, plus on est universel - Eugène Guillevic