Site officiel de Gérard Lahellec

Gauche :

il faut sortir de l'impasse!

L'échec de François Hollande est patent et cet échec pour lui même et pour sa formation politique impacte toute la gauche. Outre l'annonce de 4 ministres de vouloir disputer au président sortant la légitimité d'être à nouveau candidat et nonobstant les appels à l'unité, la multiplicité des candidatures envisagées à gauche illustre un état de désarroi de toute la gauche française. A côté d'elle, une droite divisée table sur ce phénomène de rejet pour reconquérir à bon compte le pouvoir. Enfin, sur ce fond délétère d'absence de perspective, les idées du FN font des ravages au point de voir certains sondages annoncer une possible victoire de Madame Le Pen au second tour de la présidentielle en cas de duel avec François Hollande. Le courant social démocrate incarné par le parti socialiste est totalement éclaté et les différents appels à l'unité derrière une candidature issue d'une hypothétique primaire sont motivés par des raisons certes très différentes mais ayant pour dénominateur commun la conviction selon laquelle le rassemblement ne pourrait se faire que «derrière» une candidature issue du parti socialiste. A l'opposé des «frondeurs» qui considèrent que le rassemblement peut s'opérer derrière une candidature socialiste exceptée celle de François Hollande, le secrétaire national du PS considère quant à lui que le principe du rassemblement doit donc s'opérer à condition d'accepter que cette candidature soit celle du président sortant. Au fond, le dénominateur commun de ces prises de position apparemment contradictoires, part de l’idée qu'il revient au PS, tel qu'il est, de perpétuer son hégémonie sur la gauche. C'est pourtant cette conception qui, d'une certaine manière, paralyse une grande partie de la gauche en la privant du nécessaire travail d'analyse, de réflexion et de confrontations pour faire émerger un projet de transformation pour ce 21ème siècle. Si la situation est différente et aussi compliquée du côté des organisations du front de gauche, elle n'en est pas moins comparable. Du côté du PCF, l'éclatement est total, au point de rendre complètement illisibles ses prises de position. Favorable à une candidature de rassemblement qui pourrait ne pas être issue du PCF et qui pourrait ne pas être celle de Mélenchon ( ) le PCF fixe les contours de sa recherche dans un «panel» largement ouvert à la diversité confuse et contradictoire de tout ce qui s'oppose à la politique conduite sous l'égide de F Hollande. Cette position pourrait être résumée ainsi: «tout sauf Hollande et Mélenchon». Loin de rassembler, cette position rajoute de la confusion aux divisions existantes. Restent enfin les candidatures à la «gauche de la gauche» dont on sait qu'elles seront présentes dans le débat du premier tour. Quant à la candidature Mélenchon, il convient de considérer qu'elle résulte de la légitimité issue des 4,5 Millions de voix obtenues en 2012 et de la lucidité de l'intéressé lui même qui a annoncé sa candidature dès qu'il a perçu que celle-ci pouvait être remise en cause…Le PCF, principale formation du front de gauche, qui avait envisagé une candidature alternative à celle de Mélenchon, risque maintenant de se voir contraint de la soutenir! Les écologistes quant à eux, plus divisés que jamais sur la question de leur rapport à la politique gouvernementale et au parti socialiste, préparent aussi leur propre primaire! Au final, quels que soient les cas de figure, il est plus que vraisemblable qu’à l’arrivée nous nous retrouverons avec plusieurs candidats de gauche et plusieurs candidats issus de la mouvance social-démocrate au premier tour de l'élection présidentielle; dans ce cas, la candidature Macron, en ce qu'elle revêt de ruptures avec les appareils sans remettre en cause un ordre existant, pourrait constituer un recours particulier. Enfin, nous ne pouvons pas éluder la question des prochaines élections législatives car cette élection est perçue par les électrices et les électeurs comme devant donner une majorité au Président, d’où un poids conséquent du vote utile. D''autre part, cette élection détermine le financement et donc l'existence même des partis politiques. Dans les conditions d'émiettement et de divisions actuelles, il est très vraisemblable que le front de gauche ne disposera plus de groupe politique à l'assemblée nationale ni au Sénat. On nous dira qu'il s'agit là de la résultante d'un fonctionnement institutionnel consistant à exclure du champ du débat les sensibilités porteuses d'un objectif de transformation sociale. Mais ce commentaire importe moins que la question de créer immédiatement les conditions pour que ce scénario ne se produise pas. Comme le dit un dicton populaire; «quand vous voyez que le piège est ouvert, rien ne vous oblige à tomber volontairement dedans»! Après la grande confusion qui a caractérisé la préparation des dernières élections régionales et municipales et les résultats que l'on sait, la preuve est apportée que l'orientation portée par le dit front de gauche est totalement illisible et n'est pas perçue comme utile aux populations ni utile à la gauche. Il convient donc de travailler toutes les solutions susceptibles de contribuer à sortir du marasme actuel et pour y parvenir, viser inlassablement l'objectif de «faire front à gauche» en comprenant que ce rassemblement ne peut s'opérer qu'en y associant toutes les sensibilités de gauche sans exception, y compris la sensibilité sociale démocrate troublée par le désenchantement mais convaincue qu’une alternative à gauche est possible. Pour être utiles à la gauche et utiles au rassemblement des progressistes, le spectre des sensibilités auxquelles on s'adresse ne peut pas se réduire à toutes celles et à tous ceux qui, à gauche, n'ont en commun que de s'opposer à la politique de François Hollande. Pour être tout à fait clairs, le message politique et les initiatives qui doivent en découler impliquent aussi d''être compris par toutes celles et tous ceux qui, troublés par le risque de retour de la droite ne voient pas d'autre issue que le ralliement derrière le président sortant. les forces existent, disponibles pour se mobiliser dans l’unité afin d’obtenir d’autres choix, porteurs des résultats qui manquent tant à ceux mis en œuvre aujourd’hui. Il est urgent d'inventer un nouveau contrat politique en mobilisant toutes les forces de la gauche politique, sociale, intellectuelle pour réinventer la République sociale et une démocratie régénérée. Cent ans après sa mort, Jaurès nous parle avec une actualité qui donne à ses propos, un caractère étonnamment prémonitoire. Il y a déjà cent trente ans, il disait : «la démocratie française n’est pas fatiguée de mouvement, elle est fatiguée d’immobilité».

Le 19 septembre 2016

Gwellaat buhez an dud / Améliorer la vie des Gens - Gérard Lahellec

Plus on est enraciné, plus on est universel - Eugène Guillevic