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poser lesvraies questions pour tenter de construire les bonnes réponses

 

Avant qu'il ne soit trop tard!

Les élections régionales et les suites...

Depuis les élections régionales de 2010 qui ont consacré de véritables fractures au sein même du PCF, les situations de tensions demeurent et s'exacerbent parfois, autant dans les Régions qui ont majoritairement opté pour la stratégie de constitution de listes dites « front de gauche » que dans les régions où le choix s'est porté sur la constitution de listes d'union à gauche dès le premier tour.

 

Dans la perspective du congrès d'étape du PCF, la « tendance » persistante que nous observons consiste, d'une part, à valoriser les résultats des listes « front de gauche » pour valider une stratégie du PCF et, d'autre part, à traiter des règles de vie dont il devrait se doter, pour mieux gérer son fonctionnement interne et, notamment, les conséquences découlant des difficultés qui le secouent avec des situations devenues totalement ingérables dans certaines régions.

 

Ces questions, qui ne sont pas banales, tendent à prendre le pas sur la seule question centrale qui vaille et à laquelle il conviendra un jour de répondre : c'est quoi être communiste au 21ème siècle?

Comment le PCF a confondu stratégie pour les élections régionales et tentative de résolutions de questions relevant de débats de congrès.

Bien entendu, il devrait appartenir au congrès ordinaire du PCF de juin 2011 d'engager ce débat qu'il est impossible de conduire dans le cadre du congrès d'étape de juin 2010. Mais celui-ci ne devrait il pas être l'occasion d'ouvrir en grand le chantier du débat quant aux constructions nouvelles et déconstructions qu'il conviendrait d'engager? N'est il pas encore temps, à partir de la vie et du réel, de la crise du capitalisme qui s'exacerbe, des misères et des malheurs qui secouent le Monde, des insolences insupportables qui s'affichent au grand jour et au quotidien, de poser les jalons du grand débat complexe et exigeant dont nous avons besoin?

N'est ce pas parce que ces questions qui sont celles de la vie telle qu'elle est devenue, plus difficile et orpheline de perspectives, que le communisme doit s'interroger?

N'est ce pas parce que le communisme n'a plus d'existence concrète, que l'idée même de changement qu'il a la prétention d'incarner, rencontre beaucoup de difficultés pour rendre crédible l'idée même de changement?

 

C'est bien parce que ces questions se posent et que tout le monde n'y apporte pas les mêmes réponses. Et c'est bien parce que ces questions s'illustrent de manière différente selon les lieux, selon les rapports de forces politiques, selon les histoires et les cultures et selon la place occupée au sein de ces réalités, que les élections régionales ne pouvaient pas constituer par elles mêmes le moment et le lieu de résolution, en une seule fois et d'une seule manière, de l'ensemble des problèmes auxquels le PCF et le communisme sont confrontés.

 

Il nous faut donc réfléchir aussi aux raisons qui ont fait confondre une élection avec des débats relevant d'un congrès. L’'illusion selon laquelle la cause des difficultés du PCF tiendrait aux stratégies « d'union de la gauche » explique sûrement, pour une large part, l'insistance avec laquelle le PCF a œuvré depuis 2004 pour que les stratégies d'union avec le Parti Socialiste soient abandonnées. Ceci, au profit d'alliances nouvelles, consacrant une division supplémentaire à gauche en dressant, de fait, une partie de la gauche contre une autre partie de cette même gauche.

En tout cas, loin de les avoir résolues, les élections régionales ont aggravé ces fractures, les confusions, les incompréhensions : les démissions massives auxquelles nous assistons sont une illustration dramatique d'une nouvelle phase de l'émiettement, de l'étiolement et du déclin du PCF.

Tous les communistes ont pourtant mené campagne contre la droite.

Pourtant, dans toutes les Régions et départements de France, malgré les tensions et quel qu'ait été leur choix majoritaire, les communistes ont mené campagne avec la même conviction et participé ainsi partout, au second tour, à la dynamique qui a permis de battre la droite.

Dans le même temps, l'immense majorité des communistes et des catégories sociales qu'il a particulièrement vocation à rassembler, partagent l'ambition « de faire front à gauche », d'unir et de rassembler sur des objectifs sociaux ambitieux et de combattre ainsi durablement la droite et le libéralisme, en se plaçant au cœur de la gauche et non à sa périphérie ou à sa marge.

Les motivations diverses, plurielles, contradictoires et opposées plaidant en faveur du front de gauche.

Enfin, dans ce contexte et depuis longtemps, des clivages existent et se renforcent entre, d'une part, les communistes, qui considèrent que la forme d'organisation en parti politique est dépassée et, d'autre part, les communistes qui considèrent qu'il faudrait en revenir aux « fondamentaux » en s'affranchissant totalement des formes d'union à gauche qui ont prévalu jusque là, notamment, avec le parti socialiste.

 

Mais ces deux options, en apparence opposées, ont souvent convergé pour faire prévaloir le choix d'une stratégie « front de gauche ». Stratégie présentant en apparence le double avantage de s'affranchir de l'option « parti » pour les uns, et de constituer une base de rassemblement à gauche, par opposition au Parti socialiste pour d'autres.

Si on ajoute à ces situations le fait que le « front de gauche » constitue une certaine « obligation » à sortir des sentiers battus d'une activité parfois usée et vieillissante, pour travailler avec d'autres composantes, on peut comprendre que le concept « front de gauche » puisse d'autant plus séduire que chacun peut y mettre un peu ce qu'il veut!

A ce stade, on peut donc dire que le concept « front de gauche »n'est pas un concept «stabilisé».

Il n'y a pas de signe égal entre toutes les régions qui ont choisi la stratégie « front de gauche » : les motivations n'étaient pas partout les mêmes!

On observera d'ailleurs que toutes les régions ayant opté pour la stratégie dite « front de gauche » n'ont pas, en réalité, effectué le même choix. Il y a les régions dans lesquelles l'appellation « front de gauche » servait à « couvrir » l'appellation des listes de rassemblement d'initiative communiste. Il y a les régions dans lesquelles l'appellation « front de gauche » impliquait nécessairement que ces listes soient conduites par une tête de liste communiste. Il y a les régions dans lesquelles, aux yeux du PCF, la tête de liste ne pouvait revenir qu'à un-e- communiste représentant-e- la « ligne officielle ». Il y a les régions où l'appellation « front de gauche » constituait la meilleure « couverture » pour tenter d'assurer un résultat plus honorable que celui que pouvait escompter une tête de liste PCF. Il y a les régions où les têtes de listes confiées aux composantes partenaires ont été décidées dans le cadre d'un arrangement national...etc...

Mais le plus souvent cette stratégie a été interprétée et considérée comme celle d'une construction d'une autre gauche, d'une gauche de la gauche, par opposition au parti socialiste. C’est cette donnée qui, finalement, en constitue le plus grand dénominateur commun.

Ceci n'est pas rassurant dans la mesure où cette démarche, au lieu de viser le plus large rassemblement sur des options transformatrices, ambitieuses et crédibles, en se plaçant résolument au cœur de la gauche, consacre de fait une forme de division insurmontable à gauche alors que l'aspiration à l'union est forte.

Mais cette radicalité apparente n'a pas empêché les « arrangements » pour la constitution des listes au second tour et pour composer les exécutifs régionaux auxquels, finalement, certains partenaires du « front de gauche » ont refusé de participer.

En outre, l'illusion répandue par la présentation exagérément positive du résultat des élections européennes a créé l'illusion de l'émergence de quelque chose de neuf et de crédible susceptible de se mettre en place pour porter les ambitions d'une gauche résolument sociale et de nature à masquer le déclin persistant du PCF.

 

Dans un tel contexte, comment ne pas comprendre que « le front de gauche » et son déploiement sur l'ensemble du territoire ait pu être perçu comme une planche de salut? On observera que cette ambition a pu être parfois au rendez-vous des attentes, notamment là où notre influence électorale demeure significative et où le PCF a réussi à s'ouvrir à d'autres composantes et personnalités progressistes. C'est, en général, ici que les listes « front de gauche » obtiennent leurs meilleurs résultats. On remarque aussi que le succès a été possible quand il était porté par des élus communistes connus par leur mandat qui leur donne une crédibilité. Ici, la « valeur ajoutée »du Front de gauche reste à démontrer. Et pourtant, notre conception de la constitution de « fronts de gauche » n'était pas, prétendument en tout cas, un ralliement aux options portées par le PCF...

Il faut beaucoup de lucidité et objectiver l'analyse des résultats.

En tout cas, la situation que nous traversons appelle à une grande lucidité et à une analyse exigeante et sérieuse des résultats. Il n'est pas vrai que la perte de près de la moitié des sièges en une seule élection régionale était le prix du risque à prendre pour ouvrir la perspective de lendemains meilleurs. Il n'est pas vrai non plus que ce résultat électoral sera de nature à favoriser l'intervention et le rayonnement communiste sur l'ensemble du territoire. Oui, il faut le dire clairement : alors que la gauche gagne ces élections et que la droite subit un des plus lourds revers de son histoire, le grand perdant de ces élections, à gauche, est le PCF qui réduit de moitié le nombre de ses élu-e-s dans les régions.

Certes, le « front de gauche » tend à s'installer dans le paysage politique comme une composante nouvelle. Et cette conception nouvelle d'un nouveau rassemblement à gauche n'a pas été sans effet sur le résultat des élections européennes et sur la réélection de nos députés européens sortants. Mais cette installation dans le paysage politique national parvient à peine à compenser la poursuite de la perte d'influence du PCF. Ce n'est pas en visant ces objectifs que fut décidée la mise en œuvre des « fronts à gauche » à l'occasion du dernier congrès du PCF.

Les suites de ces débats sont d'ores et déjà engagées avec la perspective des élections cantonales de 2011 et les échéances de 2012, qui occupent les devants de la scène médiatico-politique. Il n'est d'ailleurs pas sûr que le PCF puisse attendre l'échéance de son congrès de 2011 pour aborder et « trancher » cette question.

Faut il prolonger la stratégie des élections régionales dans la perspective des prochaines échéances électorales?

Après avoir évoqué l'hypothèse de prolonger le « front de gauche » par un accord politique entre les composantes, qui le constituent pour les élections cantonales, les élections présidentielles et les élections législatives, Jean-Luc Mélenchon suggère donc l'hypothèse de sa candidature à l'élection présidentielle. Le PCF, quant à lui, serait convié, en matière de sièges, à réaliser pour les cantonales et les législatives une opération du même type que ce que nous avons réalisé aux élections régionales à savoir: nous désister pour permettre à toutes les composantes du front de gauche d'avoir des élu-e-s.

Mais en réalité, la marge de manœuvre du PCF est étroite car il lui est difficile de prendre une décision qui le ferait apparaître comme le diviseur du « front de gauche » en ne prolongeant pas, pour les prochaines échéances, ce qu'il a engagé et présenté comme une réussite à l'occasion des récentes élections.

D'autre part, l’idée d’un candidat commun de la « gauche de la gauche » à la présidentielle de 2012 fait son chemin. Et, l'hypothèse que ce candidat puisse être jean-Luc Mélenchon ne peut pas, a priori, être exclue. La raison en est simple : Entre les 1,9% obtenus par Marie-George Buffet à la dernière présidentielle et les 6% ou 7% possibles d'un tel candidat ( voire d'un autre candidat pouvant être présenté comme représentatif d'un « front de gauche » pour contenir tactiquement les impatiences de Mélenchon, devenu le dépositaire incontesté de l'appellation « front de gauche »), il n'y aurait pas à hésiter!

C'est donc sur fond d'un risque de mauvais résultat électoral pressenti, qu'en toute bonne foi et en toute générosité, des communistes en viennent à considérer que l'effacement de leur parti pour laisser place à une représentation par un « Front de gauche » est une bonne solution.

Radicalité identitaire apparente avec risque d'effacement du PCF!

Ainsi, l’aboutissement d’une stratégie unitaire et électorale de prétendue radicalité aboutit-elle à consacrer l’effacement du PCF!

Dans de telles conditions, on est en droit de s'interroger sur le sens et sur les ambitions soutenus par la réflexion engagée sur la transformation du PCF car il ne sert pas à grand chose de transformer quelque chose appelée à s'effacer! D'ailleurs, pour s'en tenir au seul exemple des récentes élections régionales, il convient d'observer que, là où des listes d'union se sont constituées dès le premier tour, celles-ci ne se sont pas réalisées par effacement ou par alignement d'une composante politique sur le programme d'une autre formation mais dans une construction partenariale prenant en considération la spécificité de l'apport communiste!

Enfin, force est de constater que c'est aussi sur le fond de cette stratégie d'effacement que se nourrit la logique des « deux gauches », ce qui est tout le contraire de l'objectif d'une construction politique ambitieuse, transformatrice et majoritaire à gauche!

Il est urgent de lever les ambiguïtés.

Il devient urgent de lever ces ambiguïtés ; de poser en grand les questions sous tendues par l'éventualité de l'absence de candidat-e- communiste à l'élection présidentielle et de s'interroger vraiment sur les causes fondamentales des reculs que continue de subir le PCF.

Personnellement, au moment où ces lignes sont écrites, je considère que la présence d'une candidature communiste à l'élection présidentielle ne s'impose pas pour que le PCF féconde le débat sur les contenus politiques transformateurs à mettre en œuvre dans le cadre de la prochaine législature et préfigure ainsi l'enjeu important que constitue la nécessité d'élire et de réélire des députés communistes. Une telle orientation permettrait de continuer à enraciner le débat sur le terrain des contenus politiques et de travailler le champ de nouveaux rassemblements pour battre la droite en portant des ambitions nouvelles résolument à gauche. Une telle approche, n'excluant a priori personne du nécessaire rassemblement à gauche, permettrait aussi de dépasser une forme de cartellisation, restrictive par nature. Une telle démarche, donnant à voir de notre utilité, donnerait aussi de la légitimité à l'objectif de faire élire et réélire le plus grand nombre possible de candidat-e-s de la sensibilité communiste.

Alors, de deux choses l'une :

- Ou bien le « front de gauche »(concept non stabilisé) constitue le point de départ d'une nouvelle construction politique appelée à se substituer progressivement au PCF et alors le bon moyen de faire des choix et de désigner des candidatures au nom du « front de gauche »passe par une adhésion directe des personnes intéressées à cette instance ;

- Ou bien le « front de gauche » constitue un cartel d'organisations. Alors ses choix politiques et ses candidatures aux élections ne peuvent être que la résultante de compromis de sommet convenus entre organisations! Mais dans ce cadre là, pour les élections cantonales ou législatives, le PCF devra alors nécessairement accorder des places éligibles à ses partenaires, c'est à dire accepter de considérer une nouvelle fois que la perte d'un certain nombre d'élu-e-s est « un risque nécessaire »pour continuer à mettre en œuvre la stratégie dite du « front de gauche ».

Ce refus de considérer ces réalités objectives et cet entêtement à s'enfermer dans une sorte de déterminisme aveugle serait tout le contraire de l'approche dialectique dont nous avons besoin, pour concevoir, dans un même mouvement, les évolutions du PCF en rapport avec ses choix stratégiques. Le contraire consisterait à considérer que la conception du Parti prédétermine tous les autres choix et, en quelque sorte, que la fin justifie les moyens!

A ce propos, les communistes sont en droit de s'interroger sur les causes précises et théoriques qui ont conduit, au moment des élections régionales, à laisser se mettre en œuvre une déferlante « anti-élu-e-s » et une forme d'occultation totale des contributions et avis multiples qui se sont exprimés par de nombreuses personnalités très engagées dans la vie de la société. Mais plus fondamentalement, s'agissant de l'évaluation de notre stratégie, une des questions à se poser est bien de savoir : de quelle période parlons nous?

Quelle évaluation?

Mais quelle que soit la période à laquelle on se réfère, il y a un préalable impératif auquel les communistes doivent s'attacher: comprendre pourquoi le communisme, tel qu'il a existé au XXe siècle a disparu à peu près partout. Or, sur ce premier point, il s’avère que le PCF ne s'interroge pas. A la question élémentaire: comment expliquer que depuis plus de trente ans, à chaque échéance électorale, il enregistre de nouveaux reculs? Cette question est une question extrêmement complexe, nécessitant des réponses théorisées pour constituer un indicateur de connaissance indispensable à toute nouvelle construction.

Mais nous observons la même carence théorique s'agissant du mode d'organisation selon lequel nous continuons de vivre. Ce mode de vie et d'organisation n'est en réalité qu'un vestige de l'héritage léniniste*, conçu dans une forme de rapport au pouvoir, autant pour conquérir ce pouvoir que pour le conserver une fois qu'il aurait été conquis. Le fondement même de ce type d'organisation est la structure verticale, avec un sommet qui dirige et une base qui exécute... et quoi qu’on en dise aujourd'hui, il y a toujours un sommet qui dirige et une base qui exécute avec un sommet et une base qui rencontrent chacun de plus en plus de problèmes…

On a bien constaté encore, à l'occasion des dernières échéances électorales, qu'il y a bien un sommet qui décide du plan de bataille, arrête le programme, choisit les candidats marquants et les impose, négocie avec les partenaires, oriente la propagande, etc.… Et les «formes démocratiques» qu’on prétend y mettre ne sont qu'un triste simulacre de débat démocratique pour mettre en œuvre des choix convenus au sommet de longue date par la direction. Cela décourage l'intelligence militante et aboutit parfois à faire de la politique en dehors de l'espace et du temps (de la politique « hors sol » en quelque sorte).

Ainsi, on peut se demander si nous ne sommes pas prisonniers d’un système organisé dont l'objet principal est de servir l'appareil. Il se disait, il y a quelques temps, s'agissant du mode de vie du parti révolutionnaire, « qu'une fois la ligne politique tracée, c'était l'organisation qui décidait de tout », on pourrait ajouter aujourd'hui que « lorsqu'il n'y a pas de ligne, c'est l'organisation qui fait la ligne »! En fait, à ce stade, stratégie et organisation tendent à devenir une seule et même chose et quand il y a carence de l'un, il y a paralysie de l'autre et réciproquement : c'est à cette dé-construction qu'il faudrait aussi s'atteler.

Que faire?

Ne devrions nous pas, dès ce « congrès d'étape », nous fixer l'objectif de défricher des pistes nouvelles de propositions transformatrices, avec toutes celles et ceux que cela intéresse et qui, comme nous, cherchent les chemins nouveaux pour construire un Monde nouveau?

Un tel processus ne permettrait il pas d'engager un processus de nature à commencer à ouvrir la perspective d'une alternative au capitalisme?

Ne serait il pas possible de commencer à recenser les matériaux nouveaux dont nous disposons, à partir de nos expériences, pour illustrer les nouveaux champs d'intervention dont nous pouvons disposer et mettre ainsi en avant des options de nature à réussir des changements?

Dans le même esprit, ne serait il pas possible de prendre appui sur cette diversité de luttes sociales, politiques et de création collective, (démocratie participative, ambitions nouvelles en matière d'expertises publiques...etc.),qui sont autant de lieux nouveaux d'interventions démocratiques de nature à donner force et crédibilité à un projet transformateur d'émancipation humaine?

Les grandes confrontations qui ont cours dans la société sur les enjeux agricoles et alimentaires, la préservation de la nature et l'exigence d'un nouveau type de développement et de croissance ne peuvent elles pas constituer les prémices d'un projet plus global constituant une raison supplémentaire d'être communiste en ce 21ème siècle? Le vote écologiste, pour les gens, n'est il pas aussi une façon de dire qu'ils souhaitent un autre type de développement et une autre façon de faire de la politique?

Bref, toutes ces options, ces aspirations et ces créations, qui attendent le creuset qui serait susceptible de les accueillir, ne constituent-elles pas la base même des fondements du communisme de notre temps?

Ce partage auquel inviterait l'idée communiste, avec des organisations syndicales, le monde associatif et mutualiste, celui de la recherche et de la culture, ne doit il pas constituer le fondement de notre nouvelle identité tout en restant ainsi fidèle à la raison d'être sociale et historique du communisme? Ne devons nous pas travailler à créer les conditions qui permettent à chacun-e-, dans le strict respect de sa spécificité, d'y contribuer?

Tout le monde pourrait, s'il le souhaite, participer à cette construction nouvelle et enthousiasmante! Tout le contraire, en quelque sorte, des démarches imposant une forme d'obéissance sans discernement à des consignes venant d'en haut et prenant le pas sur toute autre considération.

Alors, dans ces conditions, nous serions peut être dans un processus d'invention d'une démocratie d'un type nouveau, tout en travaillant à la recherche permanente de l'union, au rassemblement du monde du travail et de la création, condition indispensable pour donner à un projet transformateur les meilleures chances de réussir. Un tel processus appelle une véritable révolution démocratique car c'est la condition pour appréhender la complexité du monde tel qu'il est devenu. Ceci appelle aussi de nouvelles inventions pour dépasser tous les sectarismes consistant a priori à rejeter ceux qui ne partagent pas le point de vue dit majoritaire ou qui sont diversement considérés comme boucs émissaires.

Dans une période où il n'a jamais été aussi divisé c'est un véritable « défi démocratique » que le PCF doit relever, moins pour se donner un « règlement intérieur »ou des principes jurisprudentiels de fonctionnement, que pour préfigurer ce que pourraient être de nouveaux espaces démocratiques de créativité politique. C'est aussi à cette révolution interne que le PCF devrait s'atteler.

En guise de conclusion (provisoire).

 

Le congrès d'étape peut donc servir à quelque chose et peut susciter un intérêt à condition de le considérer comme un point de départ exigeant pour aider notre peuple à surmonter les multiples difficultés qui l'assaillent.

Il doit être aussi un point de départ exigeant pour rechercher, avec les autres peuples du Monde, les chemins inédits d'une transformation révolutionnaire qui, cette fois, se donne les moyens de réussir. Nous en sommes encore trop loin, sûrement parce que, pour concevoir le nouveau, il faudrait déjà que le nouveau existe.

Tout le monde sait qu'il faudra du temps pour engager le vaste chantier d'une reconstruction. Et, chaque minute qui passe, avec l'illusion de préserver l'état existant, marque en réalité un recul dans un contexte où les constructions humaines sont en perpétuel mouvement. Il est peut être encore temps, mais il est déjà très tard.

Gérard Lahellec

le 18 mai 2010

 

Il y avait, quasiment dès le "départ" une alternative au "léninisme. Alternative toute théorique certes. Les écrits de Rosa Luxembourg en témoignent largement.

Gwellaat buhez an dud / Améliorer la vie des Gens - Gérard Lahellec

Plus on est enraciné, plus on est universel - Eugène Guillevic